Un Robot journaliste

Il donne des sueurs froides aux journalistes et, peut-être, des idées aux gestionnaires des médias. Aujourd’hui, il ne traite que des événements sportifs de seconde zone, mais demain? Le robot journaliste existe déjà, et en plus il ne fait pas de faute.

Il signe « The Machine », mais il s’appelle en réalité StasMonkey. En réalité, c’est un programme d’intelligence artificielle qui puise ses informations dans des milliers de tableaux statistiques et qui collecte en direct les phases de jeu minute par minute. Au final, « The Machine » pond un article parfait en utilisant une base de données de vocabulaire, de jargon, d’expressions toutes faites et de figures de style propres à l’univers de la presse sportive, et il va même cherche la photo adéquate. Cerise sur le gâteau: il rend un papier sans faute d’orthographe ni de grammaire… Le tout en deux secondes. « Le rêve de tout chef de service: un journaliste rapide, pas cher, sans état d’âme« , écrit Le Monde.

La presse boursière après la presse sportive

Le journalisme moderne pris à son propre piège: l’un des (jeunes) concepteurs de StatsMonkey, Nick Allen, explique sans sourciller que « les articles écrits par The Machine sont très proches des dépêches sportives de l’agence Associated Press, qui sont souvent reprises telles quelles par les journaux« .

StatsMonkey, lui, ne fera jamasi grève pour revendiquer de meilleurs conditions de travail. Au contraire, il profitera des petits creux de l’actualité pour enrichir lui-même sa base de données, en décortiquant la prose des humains pour mieux l’imiter, jusqu’à s’accaparer le style de tel ou tel journaliste connu. L’outil tellement parfait, donc, qu’il pourrait rapidement se lasser d’être le préposé aux comptes rendus de matches des divisions inférieures…

Dans les prévisions d’Infolab, le laboratoire d’information intelligente de l’université du Northwestern dans l’Illinois qui pilote le projet, il y dès lors aussi la presse financière et boursière, autre grande utilisatrice d’expressions toutes faites. Comme pour le sport, qui intéresse énormément de gens mais dont seuls les grands événements sont couverts par la presse, seules 3000 parmi les 54000 société américaines cotées en bourse font l’objet de papiers rédigés par des journalistes. A l’avenir, StatsMonkey pourrait donc combler ce manque et promettre aux éditeurs un nouveau public jusqu’ici délaissé.

Menace ou opportunité?

Si de nombreux journalistes s’effrayent à la perspective de voir leur travail réalisé à l’avenir par des robots pensants, d’autres adoptent une attitude nettement plus positive. Ainsi, le directeur du département numérique du Chicago Tribune, Bill Adee, pense que ce pourrait être un progrès social: « Dans tous les journaux, il y a des gens qui passent leur temps à écrire des comptes-rendus de matches. J’espère que, si on leur en offre la possibilté, ils seront capables, à l’avenir, de faire autre chose« , explique-t-il au Monde.

Infolab est une véritable boîte de Pandore: à tous les étages du laboratoire universitaire, des équipes travaillent sur différents sujets: création de mini-journaux télévisés générés automatiquement sur internet, création de méta-articles enrichis de sources alternatives, et même reproduction des ressorts de plaisanterie pour créer des « comics » utilisant les thèmes favoris des internautes repérés sur Google.

Les réseaux sociaux comme Twitter et Facebook modifient déjà en profondeur le travail du journaliste. Il y a peu de doutes que les expériences d’Infolab lui promettent une révolution à nulle autre pareille…

source : rtbf.be

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